La postface d’Edgar Morin
Extrait de l’entretien avec Edgar Morin publié dans l’ouvrage du Tour de France du développement durable,
par Gilles Vanderpooten
Edgar Morin est un penseur souvent iconoclaste et ennemi de toute « pensée unique ». En 1969, une année en Californie provoque son éveil à la conscience écologique. L’écologie d’Edgar Morin ne se réduit pas à des préoccupations environnementales. C’est tout le fonctionnement du monde et des relations entre les êtres qu’il décrypte.
Face aux déséquilibres écologiques, mais aussi sociaux, économiques, sociétaux, que faire ?
- « Changer de voie », c’est la cause de l’humanité. Aujourd’hui se développe une myriade de petits mouvements, d’initiatives, qui jaillissent pour régénérer le tissu social et la vie citoyenne. Mais ils restent modestes et dispersées. Il faut les relier pour qu’ils constituent un tout, où solidarité, convivialité, écologie, qualité de la vie confluent vers une voie nouvelle. [...]
Vous nous invitez à faire croître de nouvelles solidarités, émerger de nouveaux modes de vivre, se développer des dispositifs alternatifs – qu’ils soient économiques, qu’ils relèvent d’une autre gestion des ressources et de la biodiversité, de l’alimentation, de l’habitat ou de l’énergie, d’une nouvelle conception des relations humaines…
- [...] Oui ! Il est souhaitable que ces alternatives soient, et qu’elles croissent ; qu’elles prennent le dessus sur ce qui génère du mal-être, de l’inégalité, des intoxications, sur l’atteinte à cet environnement qui conditionne notre vie sur terre. [...]
Retrouvez l’intégralité de l’entretien à partir du 9 septembre 2010, dans Le Tour de France du développement durable, éditions Alternatives.
Quelques citations
« Les années qui viennent seront très dangereuses. La crise n’est que partiellement économique, elle est multidimensionnelle, c’est la crise de civilisation à l’ère planétaire, c’est la crise de l’humanité qui n’arrive pas à prendre conscience d’elle-même ni à reconnaître sa communauté de destin. » (Un nouveau commencement)
« L’économie qui est la science sociale mathématiquement la plus avancée, est la science socialement la plus arriérée, car elle s’est abstraite des conditions sociales, historiques, politiques, psychologique, écologiques inséparables des activités »
(Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur)
« En 1972, le rapport Meadows (intitulé en français Halte à la croissance ?) commandé par le Club de Rome sort et Le Nouvel Observateur organise un colloque pour lequel j’intitule ma communication, « L’an I de l’ère écologique », persuadé qu’un nouvel âge devait s’ouvrir face à la dévastation de la biosphère. Mais ce signal d’alerte que nous étions quelques-uns à avoir lancé, dont André Gorz, n’a pas été entendu, parce qu’aucun indice tangible ne semblait le confirmer. Puis, de l’assèchement de la mer d’Aral à la pollution du lac Ba kal, des pluies acides à la catastrophe de Tchernobyl, de la contamination des nappes phréatiques au trou d’ozone dans l’Antarctique, le mouvement écologique a pris son essor et une première conscience de la détérioration de la biosphère a suscité de grandes conférences internationales [...]«
(L’an I de l’ère écologique)
En vidéo
> Edgar Morin présenté par Annick Cojean , magazine Empreintes, « Edgar Morin, un penseur planétaire »
> Interview d’Edgar Morin sur l’écologie
En savoir plus sur Edgar Morin
> Bibliographie sur le site du Centre Edgar Morin
> L’association pour la pensée complexe


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