Groupe SOS : conseil en développement durable
L’interview de Jean-Marc Borello une fois terminée, nous voici conviés à le suivre pour déjeuner avec les salariés du Groupe SOS. Un accueil chaleureux qui nous donne l’occasion de rencontrer des gens passionnés, et de prendre conscience de l’ambiance particulière qui règne au sein des équipes : hors des schémas traditionnels et hiérarchiques, convivialité et spontanéité sont au rendez-vous.
Nous suivons Mathieu Taugourdeau, 27 ans et déjà responsable des agences de conseil et de services en développement durable du Groupe SOS.
Le pôle « développement durable » que dirige Mathieu est décliné en 3 structures :
L’association Auxilia accompagne depuis 2001 les collectivités territoriales dans leur démarche d’agenda 21. Elle mène également des actions de sensibilisation, établit des bilans carbone, conseille les collectivités en achats responsables, et les entreprises dans leur stratégie de responsabilité sociale (RSE).
La mission d’Auxilia : accompagner la conduite du changement. « On ne peut pas faire de développement durable sans travailler sur la conduite du changement. Vous avez beau faire un bâtiment HQE [Haute Qualité Environnementale], si vous avez les fenêtres grandes ouvertes l’hiver, ça ne sert à rien ».
Mobility+, structure de conseil en « mobilité durable », propose des plans pour optimiser les déplacements des salariés. Pourquoi du conseil en mobilité ? « On se rend compte que les gens savent très peu se déplacer : bus, métro, vélo… ». Les usagers ne sont pas toujours au courant des avantages et des possibilités offertes par ces modes de transport. Ce qui créé des situations parfois paradoxales : « un certain nombre de personnes qui ne peuvent plus se loger à Paris s’exilent en banlieue pour payer leur logement 400 euros de moins. Mais elles ont besoin d’une voiture, ce qui leur coute en moyenne… 500 euros par mois ! ». Sous évaluant le coût de la voiture, elles pour une solution qui au final se révèle plus couteuse.
Enfin, Voiture&co, association qui fête ses 10 ans cette année, sensibilise les jeunes sur les risques liés à la conduite et à l’alcool. Elle les accompagne en organisant du covoiturage (« mobilité nocturne »), et les incite à utiliser des modes alternatifs à l’automobile. Son programme « bouger vers l’emploi » aide en outre les demandeurs d’emploi dans la recherche de moyens de transport leur permettant de reprendre une activité : prêt de voitures, vélos, transport à la demande…
Les entreprises et le développement durable ?
« Il y a deux approches totalement différentes : intégrer le développement durable dans son fonctionnement, ou simplement communiquer sur le développement durable sans mener de politique concrète. Dans ce dernier cas, c’est du ‘green washing’ et pas du développement durable. Pour l’instant c’est je pense la démarche qui prédomine ».
Toutes les entreprises n’ont pas intégré la démarche et son enjeu économique. « Un des grands problèmes sur la mise en place du développement durable, c’est la notion de retour sur investissement ». Dans les sociétés cotées, la pression du marché est tellement forte pour obtenir des résultats à court terme, et la durée de vie des dirigeants tellement courte, qu’il n’y a pas de place pour l’investissement dans une démarche dont le retour se fait à 4,6,voire 8 ans.
« Les entreprises familiales sont souvent les plus en avance sur le développement durable, car elles sont davantage dans une perspective de moyen-long terme. Mais je suis persuadé que toutes les entreprises se positionneront sur ces enjeux, y compris sur le fond ».
L’économie sociale ? « On est en train de changer de paradigme, de changer d’époque […] Est-on obligé de passer par une rémunération des actionnaires avec des risques de dérives financières, de spéculation, de déshumanisation de nos économies ? ». ».
La clé de l’économie sociale, c’est qu’elle repose sur un modèle alternatif au capitalisme financier. « L’enjeu actuel est à la quête de sens et au mieux vivre ensemble […] L’économie sociale rapproche les gens, créé des échanges plus humains qu’économiques». Et si c’était ça, l’avenir ? Une économie plus solidaire et plus humaine…
Son arrivée au sein du groupe SOS ? Au cours d’un diner, il rencontre Jean-Marc Borello. C’est le coup de cœur ! Quasiment du jour au lendemain, il démissionne de son poste au sein d’un grand cabinet de conseil, pour rejoindre l’aventure SOS. « C’est une envie de changer les choses, poussée par une certaine colère, qui m’a fait regarder ailleurs pour voir si il y avait des modèles économiques qui correspondaient davantage à mes valeurs ».
Et Mathieu s’y retrouve : convaincu, il est vraiment passionné par son travail. Peut-être parce qu’il s’agit plus que d’un travail : une réelle vocation.
A consulter…
- Le reportage réalisé le même jour, consacré à Jean-Marc Borello – Délégué général du Groupe SOS
- Les sites du Groupe SOS : www.groupe-sos.org - www.auxilia.asso.fr


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