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le nouveau livre de Jéromine Pasteur_

DECEMBRE 2011  

« La Vie est un chemin
qui a du coeur »

le  nouveau livre de Jéromine Pasteur est paru >>

Joyeuses fêtes à tous !

Chers amis,

En cette période de fêtes et à l’aube de la nouvelle année – que je souhaite la meilleure à chacun d’entre vous -  j’ai le plaisir de vous annoncer la sortie de mon nouvel ouvrage « La vie est un chemin qui a du coeur » aux éditions de l’Aube. Je reviens sur mes voyages, la rencontre avec les Indiens ashaninkas, la vie dans la Selva, et partage quelques réflexions personnelles…

Pendant ce temps, le combat continue en forêt amazonienne !
Quelques nouvelles de mes amis Ashaninkas : Fabricio a brillamment terminé sa première année de secondaire au collège de Satipo. Il va rentrer en forêt retrouver sa mère et ses frères et sœurs. Il nous confie avoir beaucoup de choses à leur raconter… Nous l’attendons pour la rentrée scolaire de mi-mars, l’année prochaine.
Plusieurs autres enfants sont aussi candidats au départ d’études secondaires…. à suivre !
Je vous invite à découvrir les nouvelles photos mises en ligne sur notre site.

Grâce à la ténacité des Ashaninkas sur place et un soutien international de votre part, le projet de barrage de Pakitzapango – qui rappelons-le, menacerait quelque 90 000 indiens et 100 000 hectares de forêt – est en suspens. Mais nous devons rester vigilants. Une victoire temporaire qu’il faut continuer d’alimenter de nos cris d’indignations.

Enfin, je veux saluer la mémoire de Danielle Mitterrand, qui nous a quittés le mois dernier. Femme de convictions, elle s’intéressait au sort des peuples premiers et avait notamment côtoyé nos amis Indiens ashaninkas du Brésil.

Amitiés,
Jéromine

Soutenez les indiens d'Amazonie_


Présentation du livre
La vie est un chemin qui a du coeur

par Gilles Vanderpooten, cofondateur d’Indibio et co-auteur de l’ouvrage avec Jéromine Pasteur

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Exploratrice mue par un profond désir de découvrir le monde, Jéromine Pasteur entend avec force l’appel du voyage. Navigatrice, globe trotteuse, elle s’aventure au début des années quatre-vingt au cœur d’une Amazonie péruvienne encore vierge de tout contact avec la civilisation occidentale. C’est là que se scellera sa destinée, au contact des Indiens Asháninkas qui l’adoptent. Désormais, on la surnomme Chaveta, « papillon de la connaissance ».

La richesse de la forêt amazonienne qui suscite son émerveillement est le fruit de l’alliance de la faune, de la flore et des hommes qui se sont épanouis en osmose avec Mère-Nature.
Cette harmonie précaire, déjà confrontée à une colonisation peu scrupuleuse, est troublée par de nouvelles menaces : abattage illégal de bois précieux, trafic d’animaux sauvages, déboisement au profit de cultures industrielles destructrices de biodiversité, exploitation des ressources minières et pétrolières…

Le pillage de la Grande Forêt se poursuit.

Les Indiens, spoliés, méprisés, exploités, subissent ce que la civilisation a de plus révoltant, au nom de la production et du développement. « Avec la forêt disparaissent ceux qui l’habitent. Et avec eux meurent un art de vivre et une connaissance qui existent et se développent depuis la nuit des temps. »
Dans notre monde globalisé, ce qui se passe « là-bas » n’est pas sans incidence « ici ».
La forêt amazonienne est non seulement un lieu de vie, mais un réservoir de biodiversité dont nous tirons de nombreuses ressources pour notre alimentation, notre industrie, notre pharmacie, notre médecine… Si nous n’y prenons garde, la disparition de la Grande Forêt, « c’est notre futur avec un grand point d’interrogation ».

Au-delà de son expérience personnelle, Jéromine Pasteur nous invite à l’introspection. Pourquoi céder au cercle infernal de la production-consommation ? Pourquoi nous laisser aller à nos penchants destructeurs ? Pourquoi continuer à vouloir domestiquer et épuiser cette nature qui nous conditionne, plutôt qu’à mieux la comprendre et l’imiter ?

« Réveillez-vous ! » nous exhorte-t-elle. Progressons dans notre hominisation. Développons notre écoute mutuelle. Apprenons de la sagesse et des savoirs ancestraux des peuples indigènes. Sachons mieux vivre l’instant, tout en anticipant notre avenir. Et accomplissons cela en nous laissant guider par la passion et par la joie. Car « le premier des biens communs, ce devrait être la joie ! La joie pour soi et pour la partager ».
De tout cœur et conscients des réalités que nous vivons et que nous allons devoir affronter, faisons de notre mieux pour vivre en harmonie avec notre biosphère et avec ceux qui la peuplent.

C’est le message que Jéromine Pasteur nous propose de partager.
Rencontre avec une femme libre, spontanée, généreuse.

« Il y a 25 ans Jéromine Pasteur s’aventurait au coeur de la forêt amazonienne.
Depuis, elle se bat pour que la biodiversité et les peuples indiens – sa « seconde famille » – retrouvent enfin leurs lettres de noblesse.
Alors que 2011 a été déclarée « année internationale des forêts », Jéromine revient dans ce nouveau livre sur son par
cours, ses engagements, son attachement à la Grande Forêt et à ceux, menacés, qui la peuplent. »


Indibio – Jéromine Pasteur
11 rue Bayen 75017 Paris
contact@indibio.org

www.jerominepasteur.com
www.indibio.org

le nouveau livre de Jéromine Pasteur

« La vie est un chemin qui a du cœur » : c’est le titre de la nouvelle aventure de l’exploratrice et romancière Jéromine Pasteur. Une conversation inédite et pleine d’enthousiasme avec Gilles Vanderpooten, publiée aux éditions de l’Aube.

En cette « Année internationale des forêts » telle que proclamée par l’ONU, le message porté inlassablement par Jéromine Pasteur depuis plus de 20 ans sonne toujours aussi juste !

Jéromine Pasteur revient sur ses voyages, son parcours, ses engagements. Passionnée mais indignée, elle pousse un cri. Un cri qui vient du cœur.
La première femme à avoir traversé l’équateur d’Afrique au
Brésil en solitaire, cette « femme blanche qui vit au cœur de la forêt amazonienne » raconte cette terre qui se meurt.

Le pillage de « la Grande Forêt » se poursuit, sous le coup de l’abattage illégal de bois précieux, du trafic d’animaux sauvages, des cultures industrielles destructrices de biodiversité, de l’exploitation des ressources minières et pétrolières.  Les Indiens, spoliés, méprisés, exploités, subissent ce que la civilisation occidentale – notre monde  « hors sol » – a de plus révoltant.
« Bientôt notre Mère nourricière n’aura plus assez de lait pour rassasier ses enfants et il coulera alors plus de larmes qu’il n’y a d’eau dans les fleuves de la Grande Forêt. »

Malgré cela, Jéromine Pasteur délivre à ses semblables un grand message d’espoir et d’amitié. Et prononce un hymne à l’amour… à l’amour de la Vie !

La situation est fort préoccupante sur les rives du fleuve Ené au Pérou. La déforestation et la menace des gisements pétroliers n’y suffisant pas, le projet de barrage hydro-électrique à Pakitzapango menace directement 10 000 de nos amis indiens Ashaninkas et avec eux 90 000 hectares de forêts.
Indibio lance un nouvel appel pour leur venir en aide.

Avec amitié et espoir en notre action collective,
Jéromine Pasteur

Michel Vanderpooten, docteur en histoire et géographe, responsable du comité éthique et scientifique d’Indibio, était invité le mois dernier à Saint-Pierre et Miquelon pour une série de conférences sur la biodiversité et la crise écologique. Il en est revenu très enthousiaste, avec une moisson d’images, d’impressions et de constats dont il nous fera part dans les semaines qui viennent :

  • une nature et des paysages durs et magnifiques, uniques en France, des femmes et des hommes passionnés par leur territoire
  • la forêt boréale française – des arbres nains fouettés par les vents et les embruns salés, mais aussi condamnés par les cerfs et les lièvres importés pour la chasse (10% de la population de l’archipel est titulaire d’un permis de chasse, à comparer aux 0,2% de l’ensemble de la France);
  • un formidable réservoir de biodiversité et une réserve naturelle refusée par les 2/3 de la population ;
  • des insulaires soucieux de leurs libertés et de leurs singularités, marqués par l’effondrement de la pêche à la morue qui constituait la grande activité économique de l’archipel (un stock surexploité qui ne parvient pas à se reconstituer) ;
  • des déchets qu’on brûle à ciel ouvert et qui s’écoulent dans l’océan – des projets d’aménagements promis depuis vingt ans auxquels la population ne croit plus ;

En attendant de pouvoir vous faire partager cette expédition, nous vous invitons à revoir l’émission Biotiful Planete de Jéromine Pasteur consacré à Saint-Pierre et Miquelon.

Après nous avoir invités à nous indigner dans son petit ouvrage à succès, Stéphane Hessel va plus loin. « Engagez-vous ! » nous interpelle-t-il dans le livre d’entretiens qu’il cosigne avec Gilles, l’un des fondateurs d’Indibio, paru aux éditions de l’Aube.
Car, dit-il, il ne suffit pas de s’indigner. Chacun, avec sa sensibilité propre, doit savoir s’engager sur tous les fronts dans les combats de son époque, au premier rang desquels figure l’écologie.
Le livre est paru le 10 mars 2011 aux éditions de l’Aube.

Extrait : « Le mot « développement » est à prendre avec précaution. Il ne s’agit pas d’imposer à tel peuple qui ne les aurait pas encore les moyens de production et d’exploitation des ressources que nous, les pays du nord, industrialisés, nous avons utilisés pour nous amener au point de domination économique. »

L’année scolaire poursuit son cours. Après ses deux mois de cours de mise à niveau, Fabricio est entré au collège de Satipo avec succès !

Aujourd’hui, alors que commencent les trois semaines de vacances d’hiver (nous sommes en hémisphère Sud !), les professeurs du collège nous confirment l’assiduité et les progrès de notre élève. Fabricio est sur le bon chemin, et devrait en fin d’année passer sans problème au degré supérieur.

Ce succès fait « boule de neige » (si j’ose dire, pour un milieu de forêt pluviale tropicale !). D’autres enfants ashaninkas, du clan de Shirampari nous réclament un appui pour suivre le même chemin que Fabricio…

Indibio multiplie ses efforts et ses appels pour réunir des fonds et épauler ces futurs écoliers plein d’espoir. A suivre…

L’Organisation des Nations Unies a déclaré 2011 Année internationale des forêts, après que 2010 ait été l’année de la biodiversité. Les mois à venir pourraient donc être très importants pour Indibio – dont une grande partie des actions concerne, avec Jéromine Pasteur, la forêt amazonienne.

Année internationale des forêts Voici le message de l’ONU au sujet de l’Année internationale des forêts :

L’Année internationale des forêts (2011) offre une occasion unique de sensibiliser le public sur les défis auxquels sont confrontées bon nombre des forêts du monde et les populations qui en dépendent. De grands succès ont déjà été enregistrés et des leçons précieuses ont été tirées sur la façon de promouvoir une gestion durable des forêts. Cette Année est un moyen de réunir toutes les voix et de donner une impulsion à une plus large participation publique dans les activités liées aux forêts partout dans le monde.

Le logo de l’Année internationale des forêts (2011) évoque le thème « Des forêts pour les populations » en célébrant le rôle central des populations dans la gestion durable, la conservation et le développement viable des forêts de notre planète. Les éléments iconographiques illustrent certaines des multiples valeurs des forêts et la nécessité d’une vision à 360° : les forêts offrent un abri aux hommes et un habitat à la biodiversité, sont des sources de nourriture, de médicaments et d’eau salubre; et jouent un rôle essentiel dans la préservation de la stabilité climatique et environnementale mondiale. Tous ces éléments réunis renforcent le message selon lequel les forêts sont vitales pour la survie et le bien-être des 7 milliards d’hommes vivant sur notre planète.

Depuis une vingtaine d’années, et particulièrement au cours des 12 derniers mois, nous avons pu suivre les grand-messes internationales régulièrement consacrées au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité.

Notre constat est toujours à peu près le même : les experts des instances internationales établissent des constats précis et alarmants ; des solutions à mettre en œuvre d’urgence sont proposées ; les décisions des états apparaissent dérisoires, remettant sans cesse à l’année suivante les engagements contraignants. Cependant la destruction des forêts tropicales se poursuit, avec son cortège de pollutions, de dévastation des écosystèmes et de destructions des populations autochtones.

La conférence de Copenhague sur le climat, en décembre 2009, a été présentée comme une catastrophe – aucune décision n’ayant été prise. A l’inverse on a décrit le tout récent sommet de Cancún comme un succès. Pourtant, en y regardant de près, les contenus sont semblables. Succès diplomatique, sauvegarde des processus internationaux, aucun engagement contraignant n’a été pris, et « les discussions du sommet de l’Onu à Cancún sur le climat n’ont pas fait avancer la question de la déforestation. » [1]

Nous en reparlerons dans les prochaines news d’Indibio.


[1] Alain Karsenty, économiste au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), 14/12/2010

http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2010/science/deforestation-sommet-de-cancun

Chaveta ce sont eux, les enfants ashaninkas qui, là-bas, ont besoin de se préparer à l’approche du monde moderne qui perturbe de plus en plus leur univers. Et leurs parents qui ne comprennent pas vraiment ce qui leur reste à faire.
Chaveta
c’est nous qui ne sommes rien sans vous à nos côtés. Les ashaninkas ont besoin de nous.

Mon souhait est que nous soyons de plus en plus nombreux à accepter de relever ce défi. J’ai besoin de vous pour y arriver.

Merci de votre confiance.
Jéromine et l’équipe d’Indibio – Chaveta

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Situation sur place

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Projet scolaire

En forêt, la satisfaction est générale et les chefs de clans ashaninkas ont réitéré leur désir de poursuivre avec les écoles.

Rappel : grâce à vous, à travers l’association Chaveta, sept écoles ont vu le jour dans la vallée du Cutivireni.
Et grâce à Antonio, notre correspondant à Satipo, cinq écoles, dont nous sommes les fondateurs et toujours les parrains, ont été confiées (par faute de moyens financiers de notre côté) à une organisation espagnole de toute confiance, Fondation del Valle, avec laquelle Chaveta travaille depuis des années sur place à la formation et la mise en place des instituteurs ashaninkas.

Les deux autres écoles – celle de Parijaro et celle de Camantavitshi – demeurent à la charge financière de Chaveta.

Et puis, à la demande des Ashaninkas, nous envisageons d’ouvrir deux nouvelles écoles, plus haut dans la vallée du Cutivireni. Mais rien n’est fait encore. Les choses sont en pleine évolution sous la Grande Forêt ashaninka et il faut agir avec mesure. A suivre …

Nous sommes fiers de vous annoncer que le travail de l’association Chaveta est cité en exemple dans toute la région et que la plupart des organismes d’éducation désirent maintenant se calquer sur notre façon de faire. Nous ne pouvions pas mieux souhaiter!
J’ajoute tout de même qu’il me vient une légère appréhension : être admiré c’est bien, être envié serait moins agréable. Comme toujours et partout, il nous faut nous garder des embûches.

Le bois

Situation identique à celle de l’an dernier.
Tous les acajous exploitables ayant été coupés, la situation s’est améliorée. Les bûcherons illégaux se sont retirés. Cependant la forêt dans son entier est convoitée.
La présence sur place de l’INRENA (organisme d’état veillant à une gestion respectueuse de l’environnement) nous permet maintenant d’espérer une meilleure protection des territoires ashaninkas. Le problème de la coupe illégale est donc en principe sous surveillance. Mais demeurons vigilants et conscients de la fragilité de la situation. La forêt d’Amazonie dans son ensemble est convoitée par de nombreuses entreprises soit pétrolière soit forestière soit d’élevage.

Et Vilcabamba n’est pas à l’abri de voir appliquer sur son territoire la règle universelle et criminelle du profit immédiat.

La santé

La situation est également meilleure. Les autorités envoient à Parijaro une délégation médicale qui assure un suivi acceptable, trois fois par an.
Tous les Ashaninkas atteints de tuberculose ont été traités et aucun nouveau cas n’a été signalé.

Mais cela n’est pas suffisant et nous cherchons toujours des financements pour la création d’un véritable poste médical et assurer le salaire d’un médecin qui œuvrerait sur place et formerait en même temps un infirmier capable de pallier au plus urgent.
Et pour répondre à quelques uns qui posaient la question du financement d’un médecin, sachez que les médecins même s’ils travaillent dans le cadre d’associations humanitaires ont besoin de gagner leur vie et demandent évidemment un salaire ! Et la plupart du temps ce salaire, pour des raison de difficultés sur le terrain et d’isolement, est très élevé.

Et de plus, il est très difficile de convaincre quelqu’un d’aller s’installer pour des mois au fin fond du monde.

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En réponse à vos questions…

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Pourquoi des écoles ?

A la demande des Ashaninkas eux-mêmes !

Car l’homme est fait pour évoluer, pour apprendre, et les Ashaninkas, tout comme nous, sont animés par cet immense désir de découverte. De notre côté, il est impératif de leur apporter un maximum d’informations pour les aider, pour les « garder » le plus possible de répéter les erreurs que nous avons faites.
Nous devons tenter de leurs fournir des indications sur le bon, le moins bon, le mauvais, de chaque chose et de chaque décision.

Plus les « peuples premiers » – qui sont encore à l’aube de l’évolution moderne de l’Homme – auront accès à des connaissances multiples, plus ils seront capables de faire des choix visant à un développement durable, des choix leurs assurant – et assurant à tous -  un avenir bienheureux. Et nous, en leur communiquant ces indications, nous aurons remplir notre rôle « d’aînés » du monde moderne ! Nous pourrions dire : notre rôle de repentis!

Cet apprentissage commence par le besoin d’acquérir la faculté de communiquer avec les autres, donc de lire, écrire, parler le langage de ceux qui les entourent.

De plus, l’école perpétue la dynamique fondamentale du fonctionnement sociale des Ashaninkas et des peuples premiers en général : l’échange ! Depuis de multiples générations les peuples des forêts, les hommes vivant isolés du monde moderne, existent à travers les échanges qui s’effectuent entre eux : entre familles, au sein d’un groupe ethnique, dans le creuset d’une zone géographique. Le temps est venu pour ces gens d’élargir cet échange sur plus de territoires, vers d’autres peuples. Cette façon de se comporter, cette dynamique, est spontanée dans la nature. Le terre, l’eau et le soleil échangent entre eux pour créer et perpétuer la vie.

Pour les Ashaninkas, c’est le même processus : ils ont besoin d’échanger, ils désirent échanger pour grandir, pour évoluer. Ils savent instinctivement que survivre est un combat qui se renouvelle chaque jour. Et que pour le gagner, il faut se donner les moyens d’y arriver. Autrefois, les guerres se menaient avec des flèches, des arcs… aujourd’hui, les batailles se mènent avec d’autres armes: la connaissance d’un monde nouveau où prime l’aptitude à communiquer, et la faculté à prendre de nouvelles décisions. Au sein du monde moderne, la puissance d’un leader se tient plus dans l’esprit que dans la force des muscles ou le talent de chasseur . Le gibier n’est plus la même !

Dans le chaos de notre société, nous, nous l’avons oublié, mais les peuples premiers, eux, savent que rien n’est statique. Le « Vivant » s’appuie sur un échange actif et constant. C’est pourquoi ils ont compris d’instinct que s’ils ne s’adaptaient pas rapidement à ce qui arrivait (l’approche de la société industrielle basée sur la loi du profil) ils allaient disparaître.

Voilà pourquoi, ils m’ont demandé des écoles : pour se mettre au goût du jour ! Pour survivre!

Maintenant, c’est à nous, en connaissance de cause, de leurs apporter à travers ces écoles, d’abord une base d’éducation scolaire (lire, écrire, compter) puis année après année, les meilleures informations possibles. C’est à nous de les épauler, de leur confier ce que nous avons compris, de leurs transmettre notre expérience, en espérant qu’ils prennent, le moment venu, les bonnes décisions; pour eux, pour nous et pour ce qui concerne les territoires encore vierges qui sont les leurs. Témoigner, conseiller, guider sans forcer personne à l’obéissance est une énorme responsabilité, une lourde tâche et aussi un devoir.

Mon souhait est que nous soyons de plus en plus nombreux à accepter de relever ce défi.

Jéromine

Les matériaux des écoles ashaninka sont ceux de la forêt. Du bois, des bambous, des feuilles de palme. Ce qui vient de l’extérieur : quelques clous, marteau, scie, feuille de contreplaqué et de la peinture verte pour faire un tableau noir, stylos, cahiers, craies.

Les instituteurs sont des indiens de la même ethnie, Ashaninka, qui, après leurs études classiques de professeur d’état, ont suivi une formation spécifique les préparant à se rendre dans des villages isolés auprès d’individus vivant encore de façon ancestrale.

Comme indiqué dans notre dernière newsletter, Chaveta a été reconnue dans la région comme étant la meilleure des ONG dans ses rapports avec la population, particulièrement pour son écoute des besoins réels formulés par ceux qui bénéficient de l’aide des écoles ou d’autres avantages apportés par Chaveta.

Succès confirmé également par la demande de villages plus reculés désirant à leur tour une école. Mais soyons prudent !

Le prochain festival «Livre & Mer» se déroulera du 29avril au 2mai, à Concarneau. Lors de ce rendez-vous du livre maritime, présidé cette année par Alain Jégou, le prix «Livre & Mer-Henri Queffélec» sera décerné à l’un des auteurs figurant dans la sélection dévoilée samedi soir par Alain Hiernard (ci-contre), président du festival. Sont en lice : Isabelle Autissier pour «Seule la mer s’en souviendra» (Grasset); Laurent Mérer, «Moi, Osmane, pirate somalien» (Koutobia); FrançoisMaspero, «Des saisons au bord de la mer» (Seuil); Jéromine Pasteur et Gilles Rigaud, «Comptoir des océans, histoires de marins» (Collection L’esprit voyageur, Arthaud); Olivier Bass, «La musique des Kerguelen» (La Découvrance); Louis Brigand, «Besoin d’îles» (Stock). L’an dernier, le prix Henri-Queffélec avait été remporté par Claudie Gallay, pour son roman «Les déferlantes». Site internet: www.livre mer.fr (Photo Stéphane Cariou).

Article paru dans Le Télégramme, 1er février 2010

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