Livre d’entretien
La vie est un chemin qui a du cœur (2011) : le nouveau livre de Jéromine Pasteur.
Entretiens avec Gilles Vanderpooten, aux éditions de l’Aube.
Rencontre avec une femme libre, spontanée, généreuse. Jéromine Pasteur, « femme habitée par l’esprit d’aventure, figure romanesque incarnée » (L’Express), nous parle de son parcours, de ses engagements.
Forte d’une expérience de vie hors du commun au sein de la forêt amazonienne, elle se bat pour que la biodiversité et les peuples indiens retrouvent enfin leurs lettres de noblesse. Si la forêt et ses habitants souffrent en silence, ce texte leur donne une voix. Et nous met en garde : à l’heure de la mondialisation, ce qui se passe « là-bas » n’est pas sans incidence « ici ».
Un ouvrage stimulant, révolté mais porteur d’espoir, à mettre entre toutes les mains. Rencontre avec une femme libre, spontanée, généreuse.
Autobiographie
Et sur les rives de ma vie…, autobiographie de Jéromine Pasteur, Ed. Arthaud (2006) et J’ai lu (2008)
Auteure de récits d’aventure et de romans, J. Pasteur navigue depuis plus de vingt ans sur tous les océans du monde et retourne régulièrement au coeur de la forêt péruvienne auprès d’un clan d’Indiens ashaninkas, sa seconde famille. Elle retrace cinquante ans d’une vie où la mer, la forêt, le rêve, la poésie et la liberté sont les maîtres mots…
Extraits :
« Je suis née à 7h25, un 30 novembre, à Montceau-les-Mines, au moment de l’arrivée de la micheline du Creusot. Mon grand-père est allé me déclarer à la mairie et, au retour, il a déposé dans mon berceau un ours en peluche, tout blanc, habillé d’un petit tablier à carreaux bleus. Cinquante ans plus tard, mon éditeur me propose d’écrire mes mémoires. Mes mémoires ! Alors que je veux vivre centenaire, que j’ai tant de choses à accomplir et plus de la moitié du globe à découvrir encore ! Si j’additionne toutes mes allées et venues, par mer et par terre, j’ai déjà effectué vingt fois le tour du monde, sans l’avoir en réalité bouclé une seule fois. Mais finalement, les éditeurs ont quelquefois raison : réaliser un bilan peut être utile, à la mi-chemin d’une vie ! Il ne va donc pas être question de tricher ou de faire semblant. Il ne peut y avoir qu’une seule règle du jeu : déchiffrer ce que m’ont apporté ces milliers de jours qui sont juste là, encore tout brûlants de vie. Je vais laisser parler mon coeur – conter mes espoirs, mes découvertes et mes défaites – et livrer ce qui a fait de moi ce que je suis. »
« Shama me tend la main. De l’autre, elle maintient fermement la sangle de son panier sur son front. Je fais la même chose, et nous nous engageons dans le courant. C’est froid ! Nos mains sont soudées l’une à l’autre et, profitant de ce double aplomb, nous progressons lentement. Elle s’immobilise, et je gagne quelques pas. À mon tour, je m’arc-boute solidement et elle avance. Nous avons de l’eau aux cuisses, mais le courant est si rapide que la vague qui se forme contre nous monte à nos hanches. Pleins de manioc, nos paniers sont lourds. Derrière nous, Origa et Rosaria traversent de la même façon. Sur le rivage, rapidement, nous enfilons de nouveau nos cushmas et, frissonnantes, nous engageons sur le sentier qui ramène au village, à quelques minutes de là. Je suis là depuis trois jours. Dès mon arrivée, ma Lacoste, mon short, mes chaussures et ma culotte ont volé par-dessus les cases. La journée commence à peine, mais le chemin est déjà tiède sous mes pieds nus, et je laisse mes orteils s’enfoncer avec délectation dans le sable fin. Shama chantonne, comme toujours. Et moi, je ris aux éclats.
- Paita, qu’est ce qu’il y a ?
- Rien. Tout va bien. Tout va très bien, mon amie. »
Romans
Comptoir des Océans, Jéromine Pasteur et Gilles Rigaud, Editions Arthaud, 2009
Auteure de récits d’aventure et de romans, Jéromine Pasteur retrace ici des aventures de marins collectées dans un bar du bout du monde, le Comptoir des Océans…
Puerto Williams, l’une des villes les plus méridionales du globe, autant dire le bout du monde. passage obligé pour tous les voiliers à destination du cap Horn et de l’Antarctique. Là, un bar, où les marins viennent se réchauffer, se retrouver et se raconter leurs aventures. Toute l’action de ce récit se passe en une seule nuit, celle de l’équinoxe d’automne, au Comptoir des océans qu’est devenu ce vieux cargo allemand échoué, désormais point d’amarrage pour les bateux et de halte pour leurs équipages. En pleine tempête, on se raconte des histoires de naufrages, de fantômes, de pêche miraculeuse, de poisson géant, d’arbre sous-marin, de nature amoureuse… Des histoires de marins, ordinaires ou extraordinaires, poétiques ou effarantes.
Ouragan, Ed. Fixot, 1996
Jéromine Pasteur n’est plus seulement la jeune femme aventureuse qui a vécu avec les Indiens ashaninkas au coeur de la forêt péruvienne. Aujourd’hui elle est devenue une romancière qui nous raconte des histoires fortes. Jéromine Pasteur a vécu dans sa chair le terrible cyclone qui a anéanti l’île de Saint-Martin, aux Antilles, en 1995, et dit, dans Ouragan, la vérité. Un roman d’aventures, mais aussi un roman de passions qui met face à face une femme, Melly, et les deux hommes qui l’aiment lorsque les éléments se déchaînent. L’ouragan efface les sentiments et révèle à Melly sa plus belle passion : la mer, la nature, le courage de lutter pour la vérité.
Ashaninkas, Ed. Fixot, 1993
Après des années passées auprès des Ashaninkas, dans la forêt péruvienne, Jéromine Pasteur a dû les quitter en 1989 : le Pérou vacillait sous le coup de la guerre civile, les Indiens étaient décimés, torturés ou forcés à prendre les armes. En 1994, Jéromine est repartie. Aujourd’hui, elle retrace dans ce roman-vérité le destin de ce pays qu’elle aime, qui vit dans la peur et le chaos, mais qui veut retrouver l’espoir. Notomi, jeune Indien Ashaninka, et sa petite soeur Orianiki fuient leur village anéanti par la barbarie. Hors du paradis de la Selva, la tourmente. Les paysans pour survivre cultivent la coca et subissent la loi des narco-trafiquants ; les sacrifices humains perpétrés au nom de la révolution par le Sentier Lumineux se comptent par milliers ; l’armée venge ses morts : tout le Pérou chancelle. C’est « la sale guerre ». De la Selva à la sierra, des bords du fleuve Ené aux contreforts des Andes, des cabanes de colons jusqu’à Lima – où survit, encerclé par la misère, un tiers du peuple péruvien -, les deux enfants découvrent leur pays. Un pays violenté où ils croiseront des hommes avilis à jamais, d’autres enfants qui n’ont pu être nourris que de haine, et des êtres lumineux qui tentent encore d’exister et d’aimer. Notomi et Orianiki ne courberont pas la tête, ils portent en eux toute la mémoire de leur peuple et l’univers de la forêt. Ils sont Ashaninkas – celui qui est homme.
L’enfant qui rêvait le monde, Ed. R.Laffont, 2003
« Cette histoire m’a été inspirée par deux rencontres : au cours d’une escale de quelques semaines dans un village du Panamá, en bord de mer, qu’aucune route ne dessert et qui vit en dehors du temps, une vieille femme régente l’organisation de sa communauté. Je n’ai pratiquement jamais entendu le son de sa voix. Elle se faisait comprendre à l’expression de son visage, aux mouvements imperceptibles de ses lèvres, au frémissement de ses sourcils. À la noirceur plus ou moins soutenue de son regard. Le respect que chacun vouait à cette grand-mère m’a paru incroyable et m’a laissé penser qu’il pouvait y avoir là quelques secrets. J’avais fait auparavant un séjour chez les Cunas, Indiens des îles San Blas, durant lequel je rencontrai une fillette stupéfiante ; capable, avec une facilité déconcertante, d’apporter une réponse en quelque mots simples à n’importe quelle question. J’ai imaginé cette enfant se mêlant à l’existence de ce village reculé.Ainsi est né L’Enfant qui rêvait le monde. Le message que j’aimerais transmettre et que mon héroïne porte tout au long de ce livre est que nous devons être à l’écoute du monde et avoir une attitude de respect inconditionnel face à la Nature. »
Silène, Ed. Fixot, 1991
Les Indiens Ashanincas sont morts, assassinés par les guérilleros et les narcotrafiquants. Jéromine Pasteur, qui dans Chaveta puis Selva Sauvage nous racontait sa vie avec le chef Shirampari, avec Nato sa mère adoptive, avec Barriti le charmeur, est restée seule avec leur souvenir, dans l’indifférence des médias et de l’opinion.
Alors elle a repris la plume pour nous conter l’ancienne histoire de Shamaya la visionnaire et de Domak son époux, dans l’Amazonie du XVIe siècle et celle, quatre siècles plus tard, de Silène et Dorian, enfants de la lande bretonne grandis dans la mémoire et les traditions druidiques.
Deux légendes mêlées, Sun même hymne à la Nature, au combat de l’amour contre la violence aveugle des hommes.
Selva Sauvage, Ed. Filippacchi (1989)
Avec Chaveta, l’arche d’or des Incas, best-seller en 1988, Jéromine Pasteur nous entraînait chez les Ashanincas, la tribu amazonienne où elle a choisi de vivre.
L’aventure continue. Jéromine partage le sort des femmes indiennes, est aimée par le chef Shirampari et le troublant Barriti. Mais elle découvre aussi les périls qui menacent la forêt – le défrichage intensif par les éleveurs – et la violence des narcotrafiquants ou des guérilleros du Sentier lumineux.
Et Jéromine n’a qu’une idée : alerter l’opinion sur l’extermination des dernières tribus, et la catastrophe écologique que serait pour le monde entier la destruction de la selva.
Chaveta, roman de Jéromine Pasteur, Ed. Filippacchi (1988), Ed. Le Livre de Poche n° 6975 (1991)
Elle s’appelle vraiment Jéromine. Mais les Indiens la nomment Chaveta, papillon symbole de la connais-sance, aux ailes constellées de poussière orange plus précieuse qu’une poudre d’or. Jéromine vit avec la tribu des Ashanincas dans la forêt péruvienne. Son chemin croise celui des guérilleros du Sentier Lumi-neux et des trafiquants de coca. Le danger menace mais, enveloppée d’une aura. mystérieuse, elle déjoue tous les pièges. Il y a dix ans, Jéromine construit de ses propres mains son voilier. Cap sur le Brésil: en solitaire. Derrière la danse et sa fièvre, se cachent les sortilèges de la macumba. La mort la guette, l’amour la sauve. Elle trouve la paix en jungle tropicale où des sorciers Finitient à leurs secrets. Un jour, la légende la guide vers le « puente de oro »: l’arche d’or des Incas…
Contes
Les contes de la Grande Forêt, Ed. Filippacchi, 1990
Ouvrage de photographies
20 ans au cœur de l’Amazonie, 150 photographies accompagnées de textes inédits, Jéromine Pasteur, Editions Arthaud, 2004.
Vingt Ans au coeur de l’Amazonie est un livre-vérité : Jéromine Pasteur vit en Ashaninka, parle la langue de cette tribu indienne, a été adoptée par ce clan. Une expérience vraiment unique. C’est un livre-émotion : s’attacher aux membres de sa famille indienne, entrer dans la magie de la forêt amazonienne, comprendre de manière simple et vivante comment vit une tribu où l’on retrouve l’Homme des origines, chasseur-cueilleur. Comprendre aussi l’évolution d’une tribu primitive face à notre monde occidental, et se poser des questions essentielles. Ce livre est aussi un hymne à la Nature, car Jéromine Pasteur nous emmène dans cet univers avec ses mots, sa sensibilité et sa poésie, et au travers de 150 photos, nous révèle cet univers.
Bandes dessinées
Shelena, Jéromine Pasteur en collaboration avec le dessinateur René Follet, Ed. Casterman, 2005
De Haïti au Panama, puis au village de José Pobre, Jéromine Pasteur et René Follet mettent en scène l’odyssée haute en couleurs d’une famille héroïque, marquée par une terrible malédiction. Les générations se succèdent, la violence et le malheur s’acharnent, mais un jour doit venir l’enfant qui lèvera le sort… L’enfant capable de «rêver le monde».
Taanoki (bande dessinée), Ed. Casterman, Tomes 1 et 2, 1998 et 2003
S’appuyant sur son histoire vécue, Jéromine Pasteur nous livre tout d’abord la réalité joyeuse et douloureuse de l’existence dans la selva péruvienne. L’histoire nous entraîne dans le monde des Indiens Ashanincas. Abandonnée au cours d’une expédition par des aventuriers peu scrupuleux, une jeune femme, livrée à elle-même, s’égare en forêt amazonienne. Recueillie par un groupe d’Indiens Ashanincas du clan de Shirampi, elle n’a d’autre choix que de s’adapter aux habitudes de la communauté indienne pour survivre. C’est une merveilleuse histoire d’amitié qui naît entre cette jeune fille et la jeune femme ashaninca qui l’a sauvée. Notre jeune Européenne se transforme, elle s’adonne à un nouvel apprentissage de la vie et sera rebaptisée Taanoki par ses nouveaux amis. Mais, bien vite, hélas, les narco-trafiquants de cocaïne alliés aux terroristes du Sentier lumineux, s’acharnent à détruire la paix qui règne au coeur de la cordillère de Vilacamba. Taanoki et ses amis luttent, prennent les armes pour se défendre et repoussent une première fois l’ennemi. Mais ce dernier, plus fort et surtout plus nombreux, reviendra à la charge, et le clan de Taanoki devra s’exiler sur d’autres terres pour fuir cette fatalité colonisatrice.


