Jéromine Pasteur dans La Croix : « Un papillon chez les Ashaninkas »
Jéromine Pasteur était l’invitée du journal La Croix, le 20 juin 2012.
JEROMINE PASTEUR Cette exploratrice, qui a pris fait et cause pour les Indiens Ashaninkas du Pérou, poursuit une vie partagée entre deux mondes et prépare un nouveau livre
A la voir tranquillement assise a la terrasse d’un café, place de la Bastille a Paris, on douterait presque qu’elle ait réalise autant d’exploits, navigue en solitaire sur les océans et gravi les montagnes. Menue, elle parle d une voix aux tonalités enfantines. Mais derrière le sourire affleurent les souffrances de cette femme ainsi que la détermination qui a permis de les dépasser. Son père rêvait d’un petit Jérôme. Prudente, sa mère avait décliné le prénom au féminin. Jéromine naît le 30 novembre 1954. Elle grandit dans le Jura. Solitaire, elle apprécie la compagnie des arbres en forêt. Son avenir elle a du mal à l’imaginer.
C’est un stage de voile aux Glénans qui va en décider. La jeune fille se prend de passion pour la voile et la mer. Tout en poursuivant des études a Lyon, elle n’a qu’une obsession : construire son bateau et partir.
Après quatre années de travaux, en 1980 elle lève l’ancre, direction Madagascar. Son périple va s’infléchir au fil des escales et des rencontres. Elle sillonne les côtes africaines, traverse l’Atlantique plusieurs fois, laisse son voilier dans les Caraïbes pour découvrir le Brésil et le Pérou. Dans ce pays par hasard elle atteint en 1984 un village d’Indiens Ashaninkas dans la cordillère de Vilcabamba. « Là, j’ai eu soudain le sentiment d’être chez moi avec des gens qui me ressemblaient : loin d’être séparés de la nature comme les Occidentaux ils en étaient un élément parmi d’autres »
Désormais chaque annee elle va voyager, travailler sur des bateaux puis revient vivre avec les Ashaninkas. Là, elle adopte le mode de vie d’un clan ou elle a sa place et son nom (Chaveta, « Papillon de la connaissance »). Lorsqu’elle revient en France demander de l’aide pour ces Indiens,
elle obtient le prix Paul-Emile Victor, ce qui la place sous les feux des projecteurs. Son premier livre Chaveta paru en 1988 connaît un beau succès. « Ce best-seller a change ma vie en me donnant les moyens de vivre et le pouvoir de soutenir les Ashaninkas avec juste le nécessaire pour continuer ma route ». Suivent une quinzaine de livres, dont La vie est un chemin qui a du cœur, entretiens avec Gilles Vanderpooten, coauteur avec Stéphane Hessel d’Engagez-vous !
Partagée entre deux mondes, Jeromine Pasteur décide en 1990 qu’après un dernier sejour en France de trois mois, elle vivra définitivement chez les Indiens et fondera une famille. Mais pendant son absence, les guérilleros du Sentier lumineux massacrent 7 000 Ashaninkas.
Le clan de Jeromine s »enfuit dans la montagne par une voie qu’elle avait ouverte peu avant. L’exploratrice demeure sans nouvelles des siens pendant trois années terribles.
En 1993, malgré la condamnation à mort dont elle se sait frappée, elle part au Pérou et retrouve enfin son clan. « Celui que je devais retrouver
ne m’avait pas attendue. Tout avait volé en éclats. Ma vie a pris un autre chemin »
Si « Chaveta » ne peut plus construire parmi les Indiens l’existence de femme qu’elle avait imaginée, elle peut néanmoins continuer a les aider. En 2004 Jéromine Pasteur fonde l’association Chaveta pour créer des ecoles et apprendre aux Ashaninkas à parler espagnol, à compter, à lire et à écrire avec des instituteurs du cru L’association soutient ensuite plusieurs élèves qui poursuivent leurs études hors de la forêt. En 2010, Jeromme Pasteur crée Indibio, l’Institut pour la diversite biologique.
En octobre prochain, elle publiera aux éditions Belfond un grand roman, Femmes-Oiseaux, sur l’attaque du Sentier lumineux et la fuite de son clan. Désormais, elle passe la moitié de son temps en France où elle s’occupe de ses parents, mais continue à vivre partiellement en Amérique latine et chez les Ashaninkas. « Je ne suis ni d’ici ni de là-bas. Mais j’apprends à recoller les morceaux en trouvant une unité en moi. »
CORINNE RENOU-NATIVEL, La Croix, 20 juin 2012.






D’une aventureuse à une autre aventureuse…
… A ma copine que je suis à la trace
… A ma « vecina » preferida d’América del Sul…
… Avec une pensée pour nos petits bateaux même si nous passons actuellement plus de temps sur terre que sur mer
… à nos amours… lol…
… à nous projets
… à toi et à ceux qui t’entourent et te sont proches
… à Indibio évidement!
Comme toujours bravo pour tout ce que tu fais Jéro… et pour tout ce que tu vas encore faire !
Et puis que « nos » écrits laissent des traces et déclanchent des émotions autant que des vocations…
Querida, te mando un beso enoooorme y hasta pronto… aqui en Corsega… o sobre nostra tierra tan bonita de Amercica del Sul !
Saudades…
Sophie Angeli Chacoux